Le corbeau et le renard

Il est de même pour la fable « Le Corbeau et le Renard ».

Quel élève, voire quel professeur, en lisant la fable serait en mesure d’expliquer que ce conte a une portée alchimique ? Réponse : Aucun. Et cela est normal. Qui peut prétendre comprendre que le « Corbeau » est, par effet miroir, un « beau corps de couleur noire », donc l’œuvre au noir ? Il y a deux corbeaux en chaque humain ; l’un est esprit et l’autre matière ; principes permanents de création et de destruction. Son cri lugubre (croassement) en fait un messager de la mort. Le « fromage » qu’il tient dans son bec est affiné jusqu’à devenir transparent comme l’œuvre au blanc ? Il laisse passer la Lumière. Quant au « Phoenix », il correspond à une sublimation de l’Être. Sa couleur pourpre et sa renaissance à l’issue d’une calcination en fera l’œuvre au rouge ? Et que dire du « Renard » qui, comme chacun le sait est un nom propre né par l’inversion du mot « narrer » (toujours cet effet miroir) alors que l’animal terrestre a pour seul nom : « goupil ». Le Renard dans toutes les fables sera l’agent initiateur.

 Désormais, il est intéressant d’analyser en parallèle « Le Corbeau et le Renard » et « La Cigale et la Fourmi ». Nous sommes en présence de deux fables qui se font suites et poussent les récipiendaires dans des voies sacrées encore inabouties. Corbeau et Fourmi représentent les facettes de la nature humaine. Ils correspondent à des phases d’instructions en cours d’accomplissement ; chacun à sa manière et avec une signification inattendue.

Le Corbeau et le Renard